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De Bush Sr. à Obama : convaincre grâce au langage corporel !

Un orateur public espère produire le plus d’impact possible avec les messages qu’il ou elle veut diffuser. La théorie d’Albert Mehrabian dit que le contenu d’un message est transmis comme suit :

  • 7% par les mots que vous utilisez
  • 38% par votre ton/voix
  • 55% par votre langage corporel

L’impact du message est donc, en d’autres mots, déterminé d’une manière importante par le langage corporel. Mais même sans cette théorie, nous savions déjà qu’il joue un rôle important dans la transmission d’un message. Rien de plus ennuyant qu’une personne interviewée qui n’arrête pas de remuer, qui regarde partout tout le temps ou qui reste les mains dans les poches, n’est-ce pas ?
Selon la théorie de Mehrabian, vous devez donc surmonter un certain nombre d’obstacles afin de diffuser un message. Cela ne dépend pas seulement de ce que vous dites, mais surtout de la manière dont vous le dites et du langage corporel que vous adoptez.
Mais comment faire en sorte que votre langage corporel renforce votre message ? Voici quelques règles d’or pour l’adoption d’une bonne posture utiles à toute personne apparaissant à la télévision :

  • N’oubliez pas la caméra
  • Rayonnez de confiance en vous
  • Veillez à ce que votre posture et vos propos soient cohérents
  • Gardez toujours votre calme

Vous trouverez ci-dessous un nombre de do’s & don’ts, illustrés par des exemples spécifiques récents des présidents américains et des candidats à la présidentielle.

1. N’oubliez pas la caméra

Lorsque vous êtes face à une caméra, tous les yeux sont littéralement portés sur vous. Chaque mouvement est minutieusement surveillé. Ne vous laissez donc pas surprendre par vous-même et soyez conscient de la manière dont vous vous comportez. Évitez que votre posture ne vous trahisse et ne montre de l’ennui ou du désintéressement.
Un exemple connu de ce cas de figure est George Bush Senior qui, lors d’un débat suite aux élections présidentielles de 1992, regarde constamment sa montre alors qu’il répond à une question du public. Vous pouvez regarder le film ici.

Son fils, Georges W. Bush Junior, n’y échappe pas non plus. Bush Junior a visité en 2010 Haïti avec Bill Clinton. Après avoir serré la main de quelques Haïtiens, il s’est discrètement frotté les mains sur la chemise de Clinton. Bush avait-il peur des germes ? Ou n’aimait-il tout simplement pas les Haïtiens ?

Barack Obama a également une fois oublié que la caméra était toujours là. Durant une interview avec un émetteur au Texas, Obama s’est montré assez calme lorsqu’il répondait aux questions difficiles du journaliste. A la fin de l’interview, alors que la caméra était toujours branchée, Obama a clairement montré que le reporter devrait la prochaine fois le laisser s’exprimer jusqu’à la fin. On a pu de ce fait découvrir le côté moins sympathique d’Obama.

2. Rayonnez de confiance en vous

Tout est lié à la confiance en soi. Un orateur qui rayonne de confiance en lui jouit d’une crédibilité plus forte qu’un orateur qui, au contraire, n’est pas sûr de lui.
Mettre les mains dans vos poches donne le sentiment que vous avez quelque chose à cacher. Cela montre que vous n’êtes pas sûr de vous ; adopter une autre position plus agréable vous permettra de dissimuler cette incertitude.

Dans cet extrait, Mitt Romney a été hué. Pour toute réaction face à cela, il garde sa tête baissée (seconde 31). Si l’on considère cette position du corps, c’est comme s’il voulait dire « vous avez raison », « je me rends ». A ce moment-là, vous pouvez lire sur son visage la colère alors qu’il répond aux questions.

La confiance en soi se marque entre autres par le fait de garder les épaules droites, de se tenir bien droit en position debout ou assise, de créer du contact oculaire, d’adopter une position ouverte… Barack Obama sait tout à fait comment s’y prendre :

3. Veillez à ce que votre posture et vos propos soient cohérents

Il s’agit ici de faire correspondre votre langage corporel et vos propos. Lorsqu’un candidat à la présidentielle parle de la manière dont il veut mener une politique ouverte et plaide pour la transparence, il ne le fait de préférence pas avec les bras croisés. Logique, non ?
Voyons Obama à l’œuvre lors d’un speech après la catastrophe de BP. Nous nous situons au début de sa présidence, et c’est certainement une des raisons pour lesquelles il ne se situe pas encore au top niveau en termes de communication. C’est surtout la communication non-verbale qui n’est pas encore au point dans ce cas-ci. Faites attention aux mouvements des mais au début du speech. Elles ne renforcent pas ce qui est dit mais vivent leur propre vie, et n’apportent qu’une distraction au discours.

En tant que figure publique, il faut pouvoir répondre aux questions critiques en toute sérénité. Lorsqu’un journaliste vous pose une question critique, faites de votre mieux pour ne pas l’attaquer. Une agression non-verbale nuit à votre crédibilité. Cela fait comme si vous avez quelque chose à cacher que le journaliste vient juste de découvrir. Regarder cet extrait de Rick Santorum qui perd son calme suite à une question d’un journaliste du New York Times.

 

4. Gardez toujours votre calme

Mitt Romney perd également parfois son calme. Durant le débat républicain sur l’immigration, son adversaire a essayé de l’interrompre. Mitt Romney a directement réagi en posant la main sur l’épaule de celui-ci. Romney s’est senti très mal à l’aise face à la situation. Au lieu de répondre à son opposant, il a d’abord essayé de le dominer en posant sa main sur son épaule.

Regardez également cet extrait d’une interview de Fox News avec Bill Clinton. Le journaliste et Clinton se trouvent l’un en face de l’autre. Lorsque le journaliste pose à Clinton une question difficile, il se plie totalement vers l’avant et tape sur le genou du journaliste à plusieurs reprises. Avec ce comportement, on remarque Clinton a clairement essayé de dominer la conversation.