Les rapports de durabilité portant sur l’exercice 2025 arrivent en nombre. Depuis plusieurs années, FINN/Gosselin & de Walque suit de près la façon dont les plus grandes entreprises belges rendent compte de leurs émissions de CO₂ et de leurs ambitions climatiques. Que nous apprennent les tendances observées ces dernières années sur ce que l’on peut attendre cette saison ?

Le contexte a changé. La balance penche de la durabilité vers la compétitivité. La directive Omnibus jette un doute sur la pression réglementaire à venir. Et pourtant : le mouvement ESG, lancé il y a plusieurs années, est difficile à inverser.

La réglementation n’est plus le moteur principal de l’ESG

Ces dernières années, une part croissante des entreprises belges a rejoint le peloton de tête : objectifs CO₂ chiffrés, plans d’action concrets, références à la SBTi. Près de 70 % des entreprises analysées se trouvaient dans cette catégorie l’an dernier.

Nous observons une évolution double. D’un côté, un certain nombre d’institutions financières se retirent de la SBTi, car des critères climatiques stricts entrent parfois en conflit avec leur rôle sociétal — accorder des prêts pour des logements qui ne satisfont pas toujours aux exigences de durabilité les plus élevées. De l’autre, de plus en plus d’entreprises prennent des engagements sur le scope 3, le plus difficile des trois, qui couvre les émissions chez les fournisseurs, les clients et les autres partenaires de la chaîne. Les objectifs fermes pour 2050 deviennent entre-temps presque la norme.

Le véritable moteur de ces progrès n’est plus la seule réglementation. Ce sont la logique commerciale et la pression des parties prenantes. Souvent, les directions générales et les conseils d’administration sont fortement impliqués — ce qui rend un revirement soudain peu probable.

L’industrie et l’immobilier progressent, les banques plus prudentes

Dans les rapports de l’année dernière, less entreprises industrielles montraient la voie, alliant ambition et plans d’action concrets et démontrant que l’activité industrielle lourde et le leadership climatique peuvent aller de pair. Ce n’est pas un hasard : la durabilisation des processus pourra aussi générer des bénéfices financiers grâce à la réduction des coûts énergétiques et à une utilisation plus efficace des matières premières.

Le reporting en matière de durabilité est arrivé à maturité. C’est une réussite — mais elle soulève aussi une question. Dans un marché où presque tout le monde se trouve dans le peloton de tête et où les rapports commencent à se ressembler de plus en plus, le défi se déplace. Non plus : ‘participons-nous ?’ Mais bien : ‘disons-nous encore quelque chose qui compte ?

A cet égard, les rapports issus du secteur immobilier se sont aussi distingués: solides et structurés, avec des objectifs clairs et un reporting de progression transparent. Ici encore, la logique financière joue probablement un rôle ici : les bâtiments énergétiquement efficaces sont devenus les plus attractifs pour les locataires et les investisseurs. Nous attendons avec intérêt de voir si cet élan se poursuit en 2026.

Au sein du secteur financier, le constat est plus nuancé. Deux grandes banques se sont retirées de la SBTi, qui fait pourtant office de référence en matière de reporting de durabilité. L’explication tient en partie au rôle social des banques et des assureurs, mais le contraste avec le monde industriel demeure frappant.

Scope 3 : de l’ambition à la maturité

L’année dernière, de plus en plus d’entreprises avaient commencé à cartographier leur reporting scope 3. Nous observons trois niveaux de maturité :

  • Un petit groupe de tête qui cartographie l’ensemble de la chaîne de valeur et suit activement les progrès de décarbonisation de ses fournisseurs.
  • Un groupe intermédiaire grandissant qui commence à formuler des exigences concrètes vis-à-vis de ses partenaires dans la chaîne de valeur, avec ou sans objectifs chiffrés.
  • Une queue de peloton qui est encore en train de mettre en place des systèmes de mesure et de collecter des données de base.

Parce qu’elle oblige les entreprises à améliorer la qualité de leurs données et à établir des systèmes de mesure plus robustes, la CSRD joue ici un rôle clé. La comparabilité reste cependant un défi — certaines entreprises ont établi de nouvelles références pour une image plus précise, d’autres sont encore en train de cartographier leur empreinte opérationnelle.

La technologie comme levier de décarbonisation

Une tendance qui s’est imposée ces dernières années : l’accélération numérique et l’innovation sont explicitement citées comme leviers de décarbonisation. Des technologies telles que le captage et stockage du carbone (CSC) apparaissent comme des piliers concrets des stratégies de transition.

Dans le même temps, les rapports deviennent plus techniques, avec des analyses de double matérialité et des descriptions étendues de la chaîne de valeur. Cela renforce d’autant plus la nécessité d’une traduction accessible pour un public plus large.

Communication des CEO : intégrer vision et données

Sur la base de notre analyse distincte de la communication des CEO dans les médias économiques belges, nous avons identifié deux profils : des CEO qui misent fortement sur la conviction personnelle et la vision à long terme, et des CEO qui communiquent plutôt à partir de métriques et de stratégie.

Ce sont en fin de compte les CEO qui parviennent à combiner les deux — vision et données — qui laissent une impression durable auprès des parties prenantes. C’est également ce que confirment les travaux de la professeure Karen Maas de l’Université Erasmus de Rotterdam. La durabilité intégrée dans la stratégie d’entreprise appelle un ton différent : moins déclaratif, plus authentique.

Une réflexion pour conclure

Le reporting en matière de durabilité est arrivé à maturité. C’est une réussite — mais elle soulève aussi une question. Dans un marché où presque tout le monde se trouve dans le peloton de tête et où les rapports commencent à se ressembler de plus en plus, le défi se déplace. La question n’est plus tant : ‘participons-nous au mouvement ?’ mais bien : ‘disons-nous encore quelque chose qui compte ?’

Plus que jamais, il sera donc essentiel de communiquer en toute transparence. Oserez-vous expliquer ouvertement pourquoi les progrès se sont fait attendre ? Faites-vous des choix clairs et osez-vous les défendre ?

Trouver une voix authentique deviendra également plus important pour vous démarquer. Parvenez-vous à concilier données et vision ? Comment assurez-vous la continuité au fil des ans, même si le contexte change radicalement ?

Notre impression est que les entreprises qui se distingueront cette année ne seront pas nécessairement celles qui publient les rapports les plus volumineux. Ce seront plutôt celles qui oseront nuancer leur propos, ou qui sauront inscrire leur récit dans un contexte plus large que les seules exigences techniques de reporting.

FINN/Gosselin & de Walque : votre agence de communication pour l’ESG et le reporting de durabilité

Des questions sur votre reporting ESG ou de durabilité ? FINN/Gosselin & de Walque est une agence de communication stratégique qui vous accompagne dans tous les aspects et sur tous les canaux, du support de readiness aux rapports de durabilité, en passant par les rapports annuels intégrés et la communication des CEO. N’hésitez pas à nous contacter !

  • Messages stratégiques
  • Partenaire end-to-end pour les rapports ESG : du cadre au rapport final
  • Communication du/de la CEO

Références : AB Inbev, La Lorraine, Lhoist, Vandersanden, Saint-Gobain Belgique, Spadel

Ceci est votre moment

Nous vous aidons à saisir cet instant pour votre marque